17/12/2010

Biblique. Combattre ou fuir, il faut choisir !

 

 

82387772_9ac78c3410_m.jpgEn ce qui concerne la tentation la Bible présente 2 ordres du Seigneur qui semblent contradictoires à première vue.

Le premier, et c’est celui qui vient le plus spontanément à mon esprit, est celui de résister au péché. Jacques 4 :7 «  Soumettez-vous donc à Dieu ;résistez au diable …  »

Le second, au contraire, nous enjoint, non de résister, mais de fuir : 1 Corinthiens 10. 14 «  C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie.  »

 

Alors que faire ? Que choisir ? Résister ou fuir ? Quel est le conseil, voire l’ordre du Seigneur. Lorsque les effluves de moutarde commencent à chatouiller mes narines, ou lorsque le galbe de la silhouette des passantes commence à me titiller les yeux, que dois-je faire ? Dire ‘Courage fuyons !’ Ou bien ‘Courage résistons !’ ?

 

Il semble évident que si le Seigneur a pris la peine de nous donner les 2 injonctions c’est qu’il avait une bonne raison.

Considérons celle qui semble la plus évidente. ‘Résister’ (1 Pierre 5. 8 «  Soyez sobres. Veillez ! Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ; 9 résistez-lui, fermes en la foi, et sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. 10 Le Dieu de toute grâce, qui, en Christ, vous a appelés à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous formera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. 11 A lui la puissance aux siècles des siècles ! Amen !  »)

Il est clair que notre résistance, avec l’aide du Seigneur, contient une promesse de victoire. Si nous obéissons au point de résister, Dieu Lui-même nous formera (contre la tentation), L’entraînement aidant, Il affermira (nos muscles spirituels) et Il nous fortifiera jusqu’à ce que nous devenions inébranlables. L’eau qui coule déplace facilement les petits cailloux, mais lorsque ceux-ci sont amassés et forment un monceau de plus en plus important, ces derniers résistent et forment un barrage inébranlable. Ils ne bougent plus.

A cette promesse s’en ajoute une autre, encore plus formidable : Jacques 4 : 7″ Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous  ». Si, dans notre soumission à Dieu, nous résistons au péché, non seulement Dieu nous permettra de le faire en nous rendant inébranlables, mais, plus fort encore, c’est le diable lui-même qui, avec sa tentation, prendra un beau jour ses cliques, ses claques, et la poudre d’escampette.

 

 

3951141957_f15c0aece7.jpgAlors pourquoi fuir ? D’abord où trouve-t-on cela dans la Bible ? En fait, beaucoup de versets nous disent de fuir. Je vais seulement en citer quelques-uns.

Il y a bien sûr 1 Corinthiens 10. 14 que j’ai cité tout à l’heure : «  C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie  ». Mais c’est loin d’être le seul. C’est l’un des versets les plus clairs et probablement l’un des plus connus de la Bible. Malheureusement le mot crucial, celui qui, à la fois nous dit de fuir et nous en donne le moyen, est si ancien qu’on ne comprend plus très bien ce qu’il veut dire et qu’on manque ainsi toute la signification de la phrase.

 

Luc 11 :4 «  Pardonne-nous nos péchés, car nous aussi, nous pardonnons à quiconque nous offense ; Et ne nous induit (laisse pas entreren tentation.  » Après nous avoir enseigné que dans une prière il fallait commencer par glorifier le Père, puis demandé ce qui est nécessaire à notre subsistance, puis pardonner à notre prochain, Jésus nous dit qu’il convenait de demander que nous ne soyons pas ‘induit’ en tentation. Induit ? Késaco ? Nous connaissons tous l’expression ‘induire en erreur’. Cela signifie ‘dire ou faire’ des choses qui vont ‘tromper’ quelqu’un. Autrement dit, mettre quelqu’un en danger de se tromper. Induire en tentation, c’est à peu près pareil. Jésus nous conseille de demander à Dieu de ne pas nous soumettre à certaines tentations, de ne pas nous tester sur certains plans, de nous y soustraire.

Curieux ! Pourquoi fuir au lieu de résister ? Paul nous donne peut-être une réponse en 2 Corinthiens 12.7 : «  à cause de l’excellence de ces révélations. Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter, pour que je ne sois pas enflé d’orgueil. 8 Trois fois j’ai supplié le Seigneur de l’éloigner de moi, 9 et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. 10 C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les privations, dans les persécutions, dans les angoisses, pour Christ ; en effet quand je suis faible, c’est alors que je suis fort  ».

Peut-être me trompé-je mais il me semble que le texte signifie qu’il existait dans la vie de Paul une tentation à laquelle il était incapable de résister : l’orgueil ! Pourquoi en était-il incapable ? (ce sont encore une fois mes suppositions), tout simplement parce que Dieu n’avait pas choisi de réparer sa faiblesse. Quelle autre solution lui restait-il donc, si tout résistance s’avérait inutile ? La fuite bien sûr. Et puisque fuir l’orgueil est très difficile, humainement parlant (Il y a des chausse-trapes à tous les coins de rue), c’était le Seigneur Lui-même qui avait arrangé son itinéraire de repli : Le fameux ange de Satan.

Ne me demandez pas ce que c’était, je n’en ai pas la moindre idée. Je ne comprend même pas le rapport entre l’ange satanique et l’orgueil paulinien, mais en tout cas on peut dire une chose : Ça marchait ! C’est la raison pour laquelle Paul, qui, spirituellement parlant n’était pas un imbécile, avait fait le lien et que, au lieu de pleurer sur son sort quand il était dans la dèche, il pouvait affirmer : ‘Quand je suis faible (humainement parlant) c’est alors que je suis fort’ (parce que sa faiblesse était l’élément qui permettait de tenir la tentation éloignée).

Considérez aussi les apôtres en Matthieu 26 :41 «  Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.  » Pierre se croyait fort, et ce n’était pas du bluff puisqu’il avait pris son épée et qu’il s’en est servi au risque de sa propre vie. Mais il s’était mépris sur la nature de l’épreuve qui l’attendait, il n’y était pas préparé, et il a échoué sous les huées du coq. Les apôtres ont fui. Mais il n’ont pas fui ‘victorieusement’ la tentation, il l’ont fui ‘piteusement’.

On pourrait citer d’autres versets, mais je voudrais partager ma ‘pratique’ de la fuite. Parce qu’une fuite cela ne s’improvise pas ; au contraire cela se prépare soigneusement et avec persévérance. Si, au moment ou survient cette tentation spéciale, celle contre laquelle vous ne pouvez pas résister, vous avez l’intention de fuir, et si vous ne vous êtes pas préparé auparavant, c’est un peu court jeune homme, comme dirait Cyrano pour parler du nez de son voisin. Matthieu 26. 41 nous donne d’ailleurs la recette : « Veillez et priez ! » Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela, en tout cas c’est ainsi que ça marche chez moi, consiste à supplier Dieu chaque matin au réveil, chaque jour avec persévérance, qu’il m’épargne cette tentation particulière contre laquelle Il n’a pas cru bon de m’armer ; celle à laquelle je ne peux pas résister ; celle contre laquelle je suis dans la position de l’insecte et le péché dans celle des grosses bottes du promeneur.

Cela peut impliquer, il faut bien le savoir, de grands (ou de petits) sacrifices, qui pourront me faire dire, dans des larmes de souffrance, «  Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi  ». Parce que, bien sûr, faire cette prière mais en refuser les implications, quelque fois lourdes et douloureuses, cela revient à refuser de la faire. Mais si vous la faites, votre fuite sera organisée. Peut-être par Dieu Lui-même, comme dans le cas de Paul, ou peut-être vous indiquera-t-Il ce qu’il est nécessaire que vous fassiez, que vous vous procuriez, que vous détruisiez, pour construire votre itinéraire de repli. Êtes-vous prêt à perdre quelque chose que vous aimez, ou à accepter quelque chose que vous détestez, afin d’acquérir la possibilité de fuir la tentation ? Je l’ai fait et cela fait des années que j’en bénis Dieu chaque jour.

Cela donne aussi une piste de prière. Dieu ne nous interdit pas d’épauler de cette manière des frères éprouvés. Ephésiens 6.18 : «  Priez en tout temps par l’Esprit, avec toutes sortes de prières et de supplications. Veillez-y avec une entière persévérance. Priez pour tous les saints  ».

Seigneur merci pour la grâce de pouvoir dire : ‘Courage fuyons !’

 

 

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